Nous avons eu l’opportunité de voir the last movie du réalisateur de Night Shot et une chose est sûre : le film est une belle réussite dépeignant la plongée dans l’effroi d’une jeune femme, Nadia, qui après la mort de sa sœur est rongée par la culpabilité. Après cette disparition, Nadia (Mélissa Brun) souffre d’une dépression profonde et tente alors de s’isoler dans la maison familiale à la campagne. Une fois la nuit tombée, une présence étrange se réveille et l’expérience que Nadia y fera sera absolument terrifiante… Avec son budget de 2500 euros, le film s’avère être un exploit technique indépendant qui réveillera vos peurs !

Affiche du film Nightfall (2026) réalisé par Hugo König avec Mélissa Brun - Chaque maison a son passé
Nightfall : chaque maison a son passé. Un thriller terrifiant signé Hugo König.

Nightfall possède une figure terrifiante au visage sombre, de l’horreur contemplative et des scènes horrifiques surréalistes, de quoi vous êtes-vous inspiré pour réaliser le film ?

Je ne pense pas m’être inspiré vraiment de quelque chose en particulier mais plutôt du cinéma d’horreur en général, j’ai voulu intégrer pas mal de scènes qui font partie de la scène horrifique du cinéma de genre. On y retrouve une sorte de démon, un tueur dans les bois, une voiture fantôme, une forêt hantée, etc. Des scènes classiques que l’on retrouve dans les films d’horreur, une sorte d’hommage au genre dans sa généralité. Mais Nightfall ne ressemble à aucun film précis, je pense que c’est un condensé de ce que le public aime voir quand il choisit de regarder un film d’horreur.

Le changement de caméra fait partie intégrante du film. On passe d’une horreur contemplative à un found footage bien plus énergique en quelques minutes. L’alternance des styles de format filmique donne un aspect unique à Nightfall, pourquoi ce choix ?

Alors c’est d’abord un choix personnel parce que je suis un grand fan du found footage, qui est vraiment mon genre de prédilection, donc je voulais en intégrer dans ce film. Ensuite c’est évidemment un choix budgétaire car avec un budget minimal et surtout un temps de tournage très réduit le found footage facilite grandement la tâche.

Vos deux précédents films étaient des found footages. Auriez-vous l’envie d’adopter maintenant un style filmique plus classique ou le found footage reste-t-il votre fer de lance ?

Pour répondre franchement, Nightfall est vraiment un essai dans le style filmique classique pour moi. 

Même si de métier je suis réalisateur de clip, donc je connais la technique, ce fut néanmoins une sacrée épreuve comparée à la réalisation d’un film en total found footage qui est évidemment beaucoup plus simple et beaucoup plus facile à réaliser. 

Pour répondre à la question, le tournage a été tellement compliqué et la pression tellement grande sur les épaules pour réussir à rentrer un film, disons « filmé normalement », dans une petite semaine de tournage et un si petit budget, que je ne renouvèlerai pas l’expérience. 

Sauf si évidemment j’ai un budget un peu plus conséquent. 

Mais si je suis dans la même configuration pour mon prochain projet, il est évident que ce sera intégralement un found footage. Déjà parce que comme je l’ai dit plus haut c’est vraiment mon genre coup de cœur et deuxièmement, c’est 1000 fois plus facile à tourner qu’un film classique. 

  • Nadia (Mélissa Brun) filme avec un vieux camescope dans Nightfall de Hugo König
  • Nadia (Mélissa Brun) le visage ensanglanté se bat pour survivre dans Nightfall de Hugo König
  • Nadia (Mélissa Brun) dans une pièce sombre de la maison familiale dans Nightfall de Hugo König
  • Nadia (Mélissa Brun) fuit en pleine nuit les créatures de Nightfall de Hugo König
  • Nadia (Mélissa Brun) enquête de nuit avec une lampe torche dans Nightfall de Hugo König

La thématique de la perte, du deuil et de la culpabilité est au centre de ce récit. Durant la majeure partie du film, on ignore si les événements sont réels ou imaginaires, s’il arrive réellement des événements surnaturels ou si Nadia entre dans une psychose à cause de sa culpabilité, comment avez-vous joué sur cette dualité ?

Le film a été coécrit, donc nous l’avons écrit et imaginé à deux, et comme à mes habitudes il est vrai que j’écris quelque chose au début mais arrivé sur le tournage généralement je chamboule tout, les jours de tournage passent, on voit comment le projet prend forme et souvent on adapte. 

C’est ce qui s’est passé pour Nightfall, beaucoup d’idées sont arrivés pendant le tournage. 

La thématique de la femme qui vit un deuil et qui part s’isoler dans une maison perdue au fond des bois, était vraiment l’idée de base. Ensuite pas mal d’éléments nouveaux ce sont greffés au projet tout en gardant cette ligne directive. 

À chaque fin de journée de tournage nous faisons un peu le point sur ce qui pouvait lui arriver de nouveau. En se servant des lieux, des alentours de la maison et de ce que nous avons à disposition. 

C’est généralement comme ça que je procède j’écris toujours une base, une fois le tournage commencé je la modifie. 

Night Shot a été réalisé en un seul plan séquence, on peut imaginer que d’un point de vue technique, ça vous a demandé beaucoup d’investissement. Est-ce que Nightfall a été moins compliqué à tourner ?

En fait, ce sont deux projets tellement différents que ce n’est pas vraiment comparable mais si je dois dire lequel a été le plus difficile à tourner c’est évidemment Nightfall qui a 70 % voir plus est filmé comme un film classique. 

Ça a été une semaine vraiment éprouvante, fatigante physiquement et émotionnellement car à la réalisation je suis évidemment tout seul, même si par chance nous avions deux techniciens qui nous ont rejoint bénévolement pour nous aider sur le tournage, cela a été vraiment une épreuve. 

Alors que Night Shot certes il y a un plan séquence d’une heure et demie mais le film c’est fait d’une traite caméra à l’épaule, sans gestion de la lumière, sans gestion du son, et tout un tas d’éléments que l’on retrouve dans un film classique plan par plan. 

Encore une fois c’est un found footage c’est largement plus facile à réaliser qu’un film classique.

Tous les défauts d’image de son de lumière ou quoi que ce soit en fond justement l’essence de ce genre de film. 

Alors que dans Nightfall tout est calculé, à chaque plan il faut déplacer les lumières il faut calculer le son il faut faire des raccords et cetera bref le travail qu’il y a sur tout film tourné de marnière classique. 


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